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Nommer son genre de manière non-binaire: réflexions

Pas mal de choses (lectures, échanges) me rendent aujourd’hui assez mal à l’aise avec l’utilisation de la notion d’identité, surtout dans un contexte de multiplication des identités. Je compte approfondir le sujet dans un article à venir. Edit 30/05/2017

Un acte de visibilisation

Résultat de toutes les variations biologiques, sociales, environnementales, etc, qui peuvent rentrer dans la manière dont se construisent et se perçoivent nos genres, des personnes se sentant en dehors des normes peuvent chercher à décrire précisément et à nommer leur genre, c’est-à-dire à « se » nommer dans le sens où le genre est une partie intégrante de notre identité dans notre société (« je suis de genre xyz »).  L’acte de nommer n’est pas quelque chose d’anodin. Nommer ce qui n’existait pas avant, ou plutôt ce qui n’avait pas d’existence sociale (comme un « nouveau » genre), c’est en quelque sorte le créer et le reconnaître socialement.

« Il n’y a pas de sexe « naturel » parce que le « sexe » lui-même comme catégorie médicale ou culturelle n’est rien d’autre que que le résultat momentané des batailles sur qui possède la signification d’une catégorie. Il y a une très large variation en génétique que la plupart des gens sauf les généticien-nes reconnaissent, mais nous la rendons invisible dans notre langage. La manière dont nous la rendons invisible dans notre langage est en n’ayant pas de mots pour tout ce qui n’est pas mâle ou femelle. L’une des manières par laquelle notre culture efface les gens est en n’ayant pas de mots pour elleux. C’est ce que cela fait. Quand il n’y a rien pour vous décrire, vous êtes en fait invisible. »

« There is no ‘natural‘ sex, because ‘sex’ itself as a medical or cultural category is nothing more the momentary outcome of battles over who owns the meanings of the category.  There is a great deal wider variation in genetics than most people except geneticists realize, but we make that invisible through language. The way we make it invisible through language is by having no words for anything except male and female. One of the ways our culture erases people is by not having words for them. That does it absolutely. When there’s nothing to describe you, you are effectively invisible. »

– Sandy Stone, 1995

Confettis non-binaires

Pour certaines personnes, nommer c’est se donner les moyens de pouvoir penser son genre dans toute sa précision. La lecture du texte « Mon genre ? Mon genre à moi, il est violet ! » de Furie gélatine est un bon exemple pour illustrer ce propos :

« Bien que je comprenne de manière théorique et objective ce que c’est d’être agenre, androgyne, genderfluid, demi-girl/demi-boy, etc, voir même femme ou homme, je n’arrive pas à le comprendre de manière viscérale… C’est donc que ça ne me correspond pas vraiment »

Je souligne l’expression « comprendre de manière viscérale », cette impression qu’un mot et sa description « colle » ou « ne colle pas » avec ce que l’on ressent en terme d’identité de genre, au-delà de nos expressions de genre. D’où vient cette impression ? Il s’agit là d’une question intéressante à se poser pour comprendre comment nous digérons les concepts, les images, les mots que nous ingurgitons depuis que nous sommes né-e-s.

« Ainsi, j’ai décidé d’inventer mon propre genre, qui me correspondrait réellement. J’accorde une grande importance aux mots, j’ai besoin de les « sentir », je ne suis pas satisfait·e sinon. On appelle les genres qui ont recourt à une métaphore un xénogenre. […] Je me définis en tant que transviolet »

Je comprend cette approche et pourquoi on peut en ressentir la nécessité. Pour parler de ma propre expérience, j’ai littéralement passé des semaines à lire les listes de genre de wiki tels que nonbinary.org pour arriver à trouver quelque chose qui « colle ».

Juste avant que je ne commence à écrire ces article, j’aurais répondu que j’utilisais une étiquette « générique » (à savoir, « genre fluide ») pour décrire le comportement de mon identité de genre et une courte de liste d’états de genres plus précis (agenre, demi-boy, genre flou) pour décrire comment je ressentais mon genre lorsqu’il variait dans le temps. Je n’ai pas cherché de terme plus précis qui décrive cet état, parce que je ne n’ai pas ressenti le besoin d’inventer un mot unique pour me désigner : une constellation de mots choisis me suffisait pour articuler de manière satisfaisante les idées dont j’avais besoin pour penser mon genre. Quand à parler de mon genre aux autres, lorsque le contexte ne se prête pas à passer cinq minutes à expliquer mon genre dans toute sa complexité, je me disais juste « non-binaire », très rarement « de genre fluide ».

La mention par Furie gélatine dans la conclusion de son article du « stress énorme » pour trouver un terme qui corresponde à son genre mentionné – et qui fait écho à ma propre expérience – souligne le fait que pour certain-es, nommer et décrire de manière juste et précise les choses revêt une importance fondamentale dans la manière de fonctionner mentalement, vis-à-vis du monde et vis-à-vis de soit-même. On peut tout à fait argumenter que ce stress est généré par l’existence même de ces listes de genres. Je pense que c’est en partie le cas. En même temps, je ne nierai pas avoir pu ressentir une forme d’attraction exercée par ces nouveaux concepts de genre, l’impression d’entrer dans un monde plein de possibilités. Mais c’est aussi une manière de rester dans une certaine forme de prison : l’idée qu’il faille absolument être capable de définir et de poser un mot précis sur son « genre », que la dimension du « genre » est constitutive de notre « identité » et qu’elle doit être présente et définie précisément pour que nous ayons une existence.

Genre et sexualité

Aujourd’hui j’écris dans un contexte où il m’est impossible de désolidariser genre et sexualité. Certain-e-s posent la question lorsque l’on parle de genres non-binaires, pourquoi ne pas utiliser des mots qui ont une histoire, plutôt que d’en utiliser des nouveaux ? Dans mon cas, j’ai eu recours à une époque aux genres non-binaires parce que je ne connaissais pas d’alternative. J’ai grandi dans une culture straight, en considérant ma sexualité comme hétéro (à savoir attirée par les garçons). Cette attirance était en fait double : désir pour les corps marqués masculins en soi, mais aussi pour soi (désir de genre) – ce dont je n’ai pris conscience qu’en interrogeant mon identité de genre. Mais le décalage entre une identité gay masculine et mon vécu de la domination masculine subie en tant que femme m’a été très inconfortable et source d’angoisse : impossible d’arriver à la hauteur de ce que je considère comme les standards élevées en testostérone de ces modèles gays, sans passer par un parcours de prise d’hormones et d’opérations chirurgicales pour atteindre cet idéal de virilité – idée qui me met encore plus inconfortable. L’analyse du pharmacopornopouvoir de Paul B. Preciado dans son livre Testo Junkie m’a d’ailleurs éclairé sur des causes probables de cette réticence. Et corollaire : impossible aussi d’échapper à une forme quelconque de sexisme/transphobie patriarcal.

Dans cette situation, il y a une réelle problématique du pouvoir et de la domination qui est sous-jacente à de multiples niveaux. D’abord, en ce qui concerne le pouvoir donné aux institutions psychiatriques, médicales et étatiques sur la définition et le façonnement de mon corps, abandon de pouvoir que je refuse. Ensuite sur la position de vulnérabilité d’un corps « féminin » qui se genre au masculin dans un monde gay, cause automatique d’un fort sentiment de dysphorie, résoluble à son maximum par l’intervention d’hormones et de opérations. Il s’ensuit un mouvement d’oscillation sans équilibre possible entre ces deux positions.

Il est intéressant de noter que c’est une troisième dimension de domination genrée qui m’a sortie de ce dilemme (pour l’instant en tout cas) : « l’échappatoire » aux relations complètement ou partiellement « straight », en m’acceptant comme bisexuel-le/lesbienne butch. L’identité butch (si tant est qu’on peut l’utiliser au singulier) décrit et englobe à la fois la dimension d’identité genrée et d’identité sexuelle d’une manière qui fait disparaître les tensions décrites plus haut. Elle permet d’incorporer des expériences et un corps « de femme » tout en reflétant des différences essentielles en terme de genre. Ce qu’elle permet aussi, c’est de rendre compte et de rendre possible l’expression de certains désirs au sein d’une relation où les hiérarchies sexuelles sont reconfigurées/reconfigurables par rapport à mon vécu et mon internalisation de la domination masculine. En fait, cela me permet  de rechercher une position de pouvoir aussi bien en terme de genre qu’en terme de sexualité. Et par position de pouvoir, je n’entend pas « position de pouvoir sur » mes partenaires, mais position de pouvoir en tant qu’indépendance vis-à-vis de l’influence du pouvoir, réel ou symbolique, des hommes au sein d’une relation straight, ainsi que l’affirmation de qui je suis et de mes désirs avec moins d’interférence.

Cette dimension de pouvoir place explicitement ce processus d’identification à un nom, à un genre, à une catégorie de genre et de sexualité, dans le champ social et politique.

Théorie de l’interpellation, reconnaissance sociale et transidentité

L’analyse que Gayle Salomon écrit vis-à-vis des propos de Griffin Hansbury dans son livre me semblent faire écho, de manière plus formelle, à ces éléments, et rendre compte du processus complexe qui y conduit. Le cas parle cependant du classique duo « lesbienne butch »/ »homme trans », ce qui évacue la question d’identité sexuelle au profit du genre uniquement.

Comme il s’agit d’un long passage mais que je le trouve très intéressant, je reproduis ici le texte en anglais mais sans traduction (en tout cas pour le moment). J’ai souligné quelques phrases qui me semblent clés :

« (propos de Hansbury): [The genderqueer] must find a way to turn down the volume on the many voices that exert their desires ; they must tune in to their own inner self-perception. What makes a Genderqueer boi different from a butch dyke ? Physically, there is often no difference. Again, it is all about self-interpretation. The boi ; or guy ; perceives himself, and wishes to be perceived, as a transmasculine boi. That’s a much taller order than that of the Woodworker or Transman who asks to be seen as a man. »

« What Hansbury describes here is a perfect reversal of the theory of interpellation as described by Louis Althusser in « Ideology and Ideological State Apparatuses » and subsequently taken up by Butler to describe the process of gendering. Interpellation is an account about the formation of identity in which the world issues forth a series of names and categories, calls to which I must respond in order to emerge as a subject. The usefulness of interpellation here for this discussion, it seems to me, is that it offers a way to understand the complex operations of naming and the relations between self and world, self and other, that our categories of naming and identity want to broker. It helps use account for the ways in which we find ourlseves labeled, names, and identified prior to any deciding on our part, and why those labels can prove so resistant to our own strategies of revision and recuperation, a fact to which most transpeople can likely attest. I claim my name and am claimed by it at once, or am claimed by categories of identities than then determine how I will be perceived and received in the social world. And throughout these processes of naming, of categorization, the operation of gender is not merely an adjectival appendage to my subjectivity, but a precondition of its achievement. Interpellation explains the ways in which my identity has a social life that exceeds my own, that even my « own » indentity, in all its particularity, depends on the names I am called, the ways I am recognized, by others.

In Hansbury’s account, the scene of social intelligibility is reversed. It is not that the world flings a name at me, a name that fails to fully capture who I am, to which I am nevertheless obliged to respond. It is that the « I » of Hansbury’s report emerges outside that naming in order to dictate its terms, to assure that the category to which I am saddled meshes seamlessly with the particularity that I am. It is not the world which calls me into being, but rather I who dictate the terms of my being to the wider world in which I am situated. This request « to be seen as » is something other than a lament about invisibility or the impossibility of ever being truly and deeply recognized beneath or beyond the categories and labels where one takes up residence or that take up residence in use. To ask to be seen as something asserts both an equivalence and an incomensurability at once, rather than asserting one at the expense of the other. […]

Hansbury thus places us at this important and confounding juncture in subjectivity, where the langage of categorization inevitably installs a gap between who I feel myself to be and the category  by which I am named. He points to exactly this gap with his assertion that « I am not confortable labeling myself as just a man. For me, it’s too limiting. » He is describing a tension between the certainty of the man he knows himself to be and the social recognition that can confirm or withhold that certainty. The request to be seen as something involves a temporal reversal : that I first know myself to be a man and therefore ask you to see me as such. But those forces of recognition are just as vital in forming our perceptions of ourselves as any purely internal felt sense. I would even suggest that it is impossible to conceive a purely internal felt sense of gender, that the social structures of gender are always attending and informing the felt sense.


The inevitably social structure of even our most intimate and personal apprehension of gender would seem to be confirmed by the fact thet even the most interior felt sense of gender seems to be confirming the social binary by which gender becomes legible. That is, Hansbury feels like a man and not some obscure and private gender for which there is no name or common cultural point of reference.
»

Ce serait ici qu’il faudrait reprendre l’analyse en faisant intervenir les genres non-binaires, en particulier ceux qui se situent en dehors du spectre féminin/masculin. Cela ne signifie pas que le propos de Salomon, qui est de dire que notre appréhension du genre est structurée socialement même dans sa dimension la plus personnelle, est invalidé. Simplement, qu’il convient sans doute de se pencher sur la diversité des éléments d’expériences sociales et de leurs effets sur la construction de son identité de genre.

« To ask to be seen as a man, even to demand to be seen as such, sees a quite different operation and understanding of the creation and deployment of a gendered identity than a paradigm that understands it to be the willed and willfull creation of a fully autonomous subject. To what extent does the latter category rely on a fantasy of a gender springing whole from an internally felt sense of the self ?  »

C’est ce dont il s’agit avec les genres non-binaires, qui se revendiquent en dehors du système binaire de genre. Mais il y a un enjeu, et de taille d’un point de vue politique : à rechercher et revendiquer un genre rare, unique, exceptionnel, on court le risque de croire à une illusion, celle d’être en dehors du système de genre normé qui régit nos interactions sociales et qui impacte notre perception de nous-mêmes.

Détruire le système de genre : comment, pour aller où ?

La liste des genres non-binaires est longue, et même infinie si l’on considère l’immensité des variations possibles. Au point où, finalement, on devrait peut-être arrêter de chercher à nommer ou identifier son genre parce que cela revient à se nommer et se définir soi, dans toute l’unicité de notre être. Mais dans une société où le genre est une part aussi fondamentale de notre identité et où tout individu se doit d’avoir un genre soit femme, soit homme, celleux pour qui ces noms, voire ce concept de genre n’a aucune résonance, restent dans un endroit non-nommé, vide, sans existence pour la société. Il peut alors sembler essentiel pour la reconnaissance de nos expériences et la présentation de nous-même face aux autres de combler ce vide sémantique en nous nommant. Avoir un nom, utilisé par un groupe social, c’est avoir une existence. On pourrait argumenter que, de toute façon, le genre désignant une hiérarchie sociale entre deux groupes humains (les hommes et les femmes) et n’étant qu’un rapport social, on devrait plutôt aller « au-delà » du genre et ne plus l’utiliser du tout. Néanmoins, supprimer le concept ne supprimera pas l’existence de certaines caractéristiques (d’origine biologiques, sociales, environnementales, fixes ou variables) et de certains de leurs groupements possibles qu’il décrit, dans toutes leurs déclinaisons possibles. Ceci présuppose évidemment une conception du genre plus complexe que celle de genre en tant que classe, uniquement (cf l’article Qu’est-ce que l’identité de genre ?).

« While working to understand, deconstruct and attack how power is oppressively contextualized within the collective experience of gender is critically necessary, useful and beneficial work, framing gender itself – and not oppressive power contextualization – as the problem is a bit like saying that all forms of currency itself – not crony capitalism, etc – is the problem. In the same way that humans will buy and sell goods and services using favors as social currency or more sophisticated concepts of currency, no matter what, humans will continue to contextualize the subjective and collective experience of having bodies with sex attributes.
http://transadvocate.com/critical-of-gender-critical-part-v-of-the-sexing-the-body-is-gender-series_n_14030.htm

Dans Corps en tout genre, Anne Fausto-Sterling s’interesse à la variabilité du genre :

« Accepter la variation de genre revient-elle à faire entièrement disparaître le concept de genre ? Pas nécessairement. La théoricienne transgenre Martine Rothblatt propose un système chromatique qui introduirait des distinctions entre des centaines de types de personnalités. En permutant les sept niveaux, à la fois, d’agression, de maternarge et d’érotisme qu’elle propose, on aboutirait à 343 (7x7x7) nuances de genre. Une personne du genre mauve, par exemple, serait à faible maternage, avec une bonne dose d’érotisme et peu d’agressivité. On peut certes trouver à redire au système de Rothblatt, mais la question est sérieuse et l’idée d’élever des enfants intersexués dans une culture qui reconnaît la variation de genre ne cesse de gagner du terrain.
Est-il si déraisonnable de demander que nous prêtions plus d’attention à la variabilité, et moins à la conformité de genre ? Le problème avec le genre, tel que nous le connaissons aujourd’hui, c’est la violence – tant réelle que métaphorique – que nous exerçons en le généralisant. Aucun homme ou femme ne cadre avec le stéréotype universel du genre. « Il pourrait être plus utile, écrit la sociologue Judith Lorber, de grouper des modèles de comportement et ensuite seulement de s’efforcer d’identifier les marqueurs des gens susceptibles de tels comportements ».
Si nous devions, nous les Occidentaux, passer à un système de sexes et de rôles de genre multiples (comme cela semble possible), nous ne serions pas pour autant des pionniers culturels. »

ch. Pourquoi n’y aurait-il que deux sexes ?

Je trouve aussi intéressant de joindre à cette réflexion le concept d’ « expansion du genre » (gender expansiveness) que j’ai rencontré sur le site Gender Spectrum, qui rappelle que les éléments qui rentrent dans notre concept de « genre » varient en fonction des cultures et en fonction des époques – et aussi des individus en fonction de leurs spécificités (par exemple neurobiologiques). Il devient alors logique, considérant que les normes de genre elles-mêmes sont fluides, que des personnes se sentent bien ou mal à l’aise dans le système en vigueur à un endroit et à un moment donnés.

« Certaines personnes élargissent les définitions communément admises de ce qu’est le genre, en y incluant son expression, les identités associées, et/ou les normes de genre perçues, dans un ou plusieurs aspects de leur vie. Ces personnes étendent la définition du genre à travers leur propre identité et/ou expression. Certaines personnes ne s’identifient pas comme étant soit homme soit femme ; d’autres s’identifient comme un mélange des deux, pendant que d’autres encore s’identifient à un genre, mais expriment leur genre de manière différente des présentations stéréotypées. Les préférences et l’expression personnelle d’une telle personne peuvent tomber en dehors des normes de genre communément comprises de sa propre culture ; ou elles peuvent être alignées avec elles, mais l’identité de genre de cette personne ne correspond pas au sexe assigné à sa naissance.

La diversité de genre est une composante normale de l’expérience humaine, à travers les cultures et l’histoire. La diversité de genre non-binaire existe tout autour du globe, documenté par de nombreuxes historien-nes et anthropologues. […]

De plus, ce qui peut être considéré comme élargissant la notion de genre à une époque de l’histoire peut devenir une norme genrée à une autre époque. On peut analyser les modes concernant les hommes portant des boucles d’oreilles ou les femmes arborant des tatouages pour voir rapidement la malléabilité des attentes sociales à propos du genre. Même l’apparemment inflexible notion que « le rose est pour les filles, le bleu pour les garçons » est relativement nouvelle. Tandis qu’il y a débat autour des raisons de l’inversion des couleurs, ce qui est bien documenté est que ce n’est pas avant la moitié du XXe siècle que les notions de rose pour les filles ou bleu pour les garçons sont solidement installées. »

Prochain sujet à explorer : sortir du référentiel purement occidental pour réfléchir sur la diversité des systèmes de genre.

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